En 1959, l'historien de l'art Roberto Longhi apprend une fabuleuse nouvelle. Une peinture qui pourrait être de la main du Caravage vient d’être retrouvée à Rouen ! Mais comment en être absolument certain ?

La toile représente un "Christ à la colonne", où Jésus est attaché par deux hommes qui s’apprêtent à le torturer. Cependant, plusieurs versions de ce tableau ont été retrouvées. Il doit donc exister une première toile, véritablement du Caravage, dont toutes les autres versions ne sont que des copies.
Alors, laquelle ? Cette nouvelle toile pourrait faire trancher les experts sur la question… Et plus expert que Longhi, c’est impossible !

L’historien fonce à Rouen. Là-bas, on l’amène devant le tableau. Longhi reste un long moment à le contempler. Il s’approche, regarde, recule, scrute… et soudain, il explose de joie ! Il en est sûr : cette toile est authentique. Quel détail lui permet d’arriver à cette certitude ?
Ce qui persuade Longhi, ce sont de petits traits à peine visibles gravés dans l'épaisseur de la peinture. Ils ont beau être très fins, ces traits sont révélateurs de la technique du Caravage.

Le peintre aurait en effet pris l'habitude de graver directement dans la peinture fraîche les grandes lignes de composition de son tableau, ou de reprendre certains détails avec le manche de son pinceau. Une fois gravés, ces traits ne s'effacent plus.
Cette manière d’esquisser l’œuvre à venir prouve une chose : la toile n’a pas été laborieusement copiée d’après un autre tableau. Elle a été créée sur le vif. Le Christ à la colonne de Rouen est donc l’original du Caravage qui a servi de modèle à tous les autres !


.png)





