Le jeu de paume, l’ancêtre du tennis qui affolait Paris

x icon

Au Moyen Âge, les Parisiens raffolent d’un jeu de balle appelé jeu de paume. À tel point qu’en 1397, les autorités tentent de l’interdire aux artisans en semaine. Mais impossible d’arrêter cette passion populaire, qui donnera naissance… au tennis !

Où l’on rencontre des travailleurs qui ne comptent pas leurs heures.

22 janvier 1397. Le prévôt de Paris, c'est-à-dire le magistrat de la ville, fait passer une ordonnance pour le moins étonnante. Cette dernière prévoit d'interdire aux artisans de s'adonner aux loisirs du "jeu de paume" en dehors des dimanches… sous peine d'aller en prison ! Mais pourquoi une telle interdiction, et quel est ce jeu qui suscite tant d’attention ?

Simon Vostre, Représentation du jeu de paume au Moyen Âge, dans Hore beate marie virginis secundum Usum Romanum, vers 1500

Il s'agit en fait d'un sport français, dont les premières traces remontent au début du Moyen Âge. Le principe est simple : deux camps séparés par un filet ou une simple ligne s’affrontent en se renvoyant une balle à l’aide de la paume de leur main. Quelquefois, un gant peut être utilisé pour éviter de se blesser.

Ce sport peut ainsi être pratiqué dans n’importe quel lieu de plein air comme un pré, une rue ou une place publique, et il demande peu de moyens. Par conséquent, il est très populaire auprès des artisans. Et justement, c’est contre ceci que le prévôt de Paris veut lutter !

Dans une période d’engouement particulièrement marqué pour le jeu, ce dernier a en effet observé que certains travailleurs avaient tendance à quitter leur poste plus tôt pour y participer. D’où sa volonté de l’interdire à un autre moment que le dimanche…

Le Jeu royal de la paume, édition Charles Hulpeau, 1632, monographie imprimée, Bibliothèque nationale de France, Paris

Malheureusement pour lui, ça ne fonctionne pas vraiment. La folie du jeu de paume est telle que personne ne tient compte de l’ordonnance, au grand dam des autorités.

Jusqu’au 17e siècle, où ce jeu connaît son apogée, artisans, enfants et même femmes, aristocrates et rois se livrent à des parties endiablées, qui font d’ailleurs la réputation de la France à l’étranger.

Voderf, Vue d'un jeu de paume, 1757, gravure, Bibliothèque nationale de France, Paris

Encore mieux : le sport évolue. Après avoir remplacé la paume par des raquettes de plus en plus sophistiquées, on construit également des salles en intérieur pour pouvoir jouer par tous les temps.

Peu à peu, des règles s’ajoutent pour codifier le jeu, donnant aujourd’hui… le tennis bien sûr !

Anonyme, Jeu de la longue paume, début du 19e siècle, gravure

À découvrir