15e siècle. Un moine s’affaire dans son atelier. Il vérifie la température du four dans lequel cuisent les plaques de verre qui serviront à la réalisation de vitraux.Tout doit être parfait. Mais un bouton en argent se détache de son habit et tombe… directement dans le four !
Catastrophé, le moine attend la fin de la cuisson pour constater les dégâts. Surprise : à la sortie du four, le verre a pris comme par magie une lumineuse couleur dorée. Que s’est-il passé ?

Le coupable est bien sûr le bouton ! Les sels d’argent se sont colorés au contact du verre, lui donnant cette nouvelle teinte brillante allant du jaune citron au brun foncé.
Mais si cette histoire offre une explication à l’apparition du "jaune d’argent", il s’agit d’une belle légende...

En effet, notre moine maladroit a été devancé de plusieurs siècles par des artisans islamiques, qui utilisaient cette méthode pour colorer vases et coupes. Le jaune d’argent arrive finalement en Europe grâce à la traduction en espagnol d’un manuscrit. Dès 1300, les artisans verriers peuvent orner les églises de vitraux dorés.
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Il faut dire que le jaune d’argent révolutionne complètement le vitrail ! Jusque-là, il fallait d’abord colorer les bouts de verre, puis les relier les uns aux autres grâce à des tiges de plomb. Mais il est désormais possible d’appliquer les sels d’argent sur le verre à l’aide d’un pinceau. Les motifs finement réalisés apparaîtront jaunes après cuisson.
Et au passage, le vitrail devient plus lisible : les tiges de plomb ne sont plus indispensables.

Ainsi, les maîtres-verriers se transforment en peintres et intègrent dans leurs vitraux de précieux détails : des cheveux aux bijoux en passant par les éléments d’architecture, tout se teinte de jaune. On peut dire qu’ils avaient de l’or au bout des doigts !


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