Pour commencer, un film qui donne la pêche
Artips débute ce best-of avec un incontournable, à regarder tous les étés sans modération : Call Me by Your Name. Le réalisateur Luca Guadagnino nous transporte dans les années 1980, dans le nord de l’Italie où Elio, 17 ans, passe ses journées entre musique, lecture, balades à vélo, baignades et cueillette de pêches dans le verger de la somptueuse villa familiale.
L’arrivée d’Oliver, jeune chercheur américain venu travailler avec son père, vient troubler ce quotidien ensoleillé et ouvrir la voie à une histoire d’amour aussi lumineuse que fragile...

Porté par Timothée Chalamet et Armie Hammer, le film adapte le roman d’André Aciman et saisit avec une grande délicatesse l’intensité du premier désir, la beauté d’un été suspendu et la mélancolie de ce qui ne dure jamais assez longtemps. Plongés dans la peau d'Elio, on ressent avec lui l’attente languissante, la boule au ventre, le doute constant entre avoir le courage d’avouer ses sentiments ou se résigner à se taire ("Is it better to speak or to die ?").
Et pour prolonger l’expérience, on écoute la bande originale en boucle !
Titanic 2.0 : bienvenue à bord du naufrage social !
Triangle of Sadness (Sans filtre), de Ruben Östlund, nous montre des passagers qui sont tous dans le même bateau… enfin presque. On embarque avec un couple de mannequins-influenceurs dans une croisière de luxe où tout semble d’abord parfaitement calibré : paysages de rêve, dîners élégants et passagers très fortunés.
Mais alors qu'une violente tempête s'abat sur le bateau, le voyage tourne rapidement au cauchemar et les rapports de pouvoir s’inversent de manière aussi brutale que réjouissante...

Palme d’or à Cannes en 2022, le film est une satire sociale féroce, qui démonte avec un plaisir évident le monde du luxe, de l’image et des privilèges. À regarder pour rire jaune devant ce chaos aussi absurde que réaliste. Enfin, sauf si vous souffrez d'émétophobie*...
*la peur de vomir ou de voir des vomissements
Un beau dessin estival
Été 96, court-métrage d’animation réalisé par Mathilde Bédouet, commence comme un souvenir de vacances très simple : une famille part pique-niquer sur l’île Callot, en Bretagne, comme chaque été. Mais lorsque la marée les piège sur place, la journée se transforme en nuit improvisée, entre aventure, inquiétude et petits bouleversements familiaux...

Réalisé en rotoscopie, une technique d’animation qui consiste à redessiner image par image par-dessus des prises de vues réelles, le film en tire une texture à la fois réaliste et sensible, comme un cahier de croquis qui prendrait vie.
En à peine douze minutes, Été 96 capture ce moment étrange où les vacances d’enfance basculent doucement vers autre chose, avec la mer, bien sûr, dans le rôle principal. Le film a d’ailleurs reçu le César du meilleur court métrage d’animation en 2024 !
Des vacances sous pression
L’Épreuve du feu, premier long-métrage d’Aurélien Peyre, suit Hugo, 19 ans, en vacances sur l’île de Noirmoutier, où il invite sa nouvelle petite amie à rencontrer son groupe d’amis. Sur le papier : soleil, mer, maison familiale et retrouvailles d’été. En réalité : un séjour beaucoup moins reposant, où le regard des autres, le traumatisme des complexes et la pression du groupe viennent doucement fissurer l’idylle...

Porté par Félix Lefebvre et Anja Verderosa, tous deux nominés aux Césars 2026, le film capte avec justesse ce moment fragile entre adolescence et âge adulte, quand on voudrait être soi-même… mais qu’on tient encore beaucoup (trop) à l’avis de ses copains.
Bref, ce film est une bonne piqûre de rappel : mieux vaut bien choisir la bande avec qui l’on passe ses vacances !
Retour en enfance
Aussi drôle que touchant, Nos jours heureux est un feel good movie signé Éric Toledano et Olivier Nakache. On y accompagne Vincent (Jean-Paul Rouve) pour sa première direction de colonie de vacances : trois semaines de gamins surexcités, de catastrophes en série et d’animateurs qui semblent tous avoir obtenu leur BAFA dans une pochette surprise…

Tendre et nostalgique, cette comédie qui a 20 ans cette année met tout le monde de bonne humeur dès les premières minutes. C’est LE film à voir si l’on veut rire un bon coup et ressortir les répliques cultes de Caroline (Joséphine de Meaux), l’animatrice un peu coincée qui finit par se détendre - peut-être même un peu trop - au fil du séjour.
On ne s’en lasse pas : pour un peu, on retournerait presque en colo !
Tom Ripley, l’homme qui a compris comment être en vacances… toute l’année !
Ripley, une mini-série créée par Steven Zaillian, nous entraîne dans l’Italie des années 1960 sur les traces de Tom Ripley, merveilleusement interprété par Andrew Scott, petit escroc new-yorkais chargé de convaincre un riche héritier, Dickie Greenleaf, de rentrer aux États-Unis.
Mais entre Rome, Naples, Atrani et Venise, la mission tourne peu à peu à l’obsession : fasciné par la vie de Dickie, Ripley se met bientôt à convoiter bien plus que son amitié : son monde, son aisance, et peut-être même son identité…

Entièrement tournée en noir et blanc, avec de nombreuses références aux clairs-obscurs du Caravage, la série impose une atmosphère à la fois élégante et glacée, entre thriller psychologique et carte postale de la dolce vita. Visuellement sublime, lente et tendue, Ripley transforme peu à peu la douceur de l’été italien en un décor inquiétant, où chaque plan semble cacher une menace.
Seul au monde... ou presque
La Tortue rouge, un film d'animation franco-belgo-japonais réalisé par Michael Dudok de Wit, raconte l’histoire d’un homme naufragé sur une île déserte, dont les tentatives de fuite sont sans cesse empêchées par une mystérieuse tortue rouge...

Coproduit par le studio Ghibli, ce film muet déploie un récit simple et contemplatif, entre robinsonnade, conte poétique et méditation sur le cycle de la vie. Avec ses paysages marins, son silence et sa beauté épurée, La Tortue rouge offre une parenthèse estivale douce, étrange et profondément émouvante. Le film a d'ailleurs reçu le prix spécial "Un certain regard" au Festival de Cannes 2016.
À regarder pour une vraie introspection sur le sens de la vie !
Un voyage dans le temps, ça vous dit ?
Les 7 vies de Léa, une mini-série créée par Charlotte Sanson, suit une adolescente qui tombe par hasard sur le squelette d’Ismaël, un ancien ami de ses parent, disparu il y a des décennies. Dès le lendemain, la voilà qui se réveille dans le corps du jeune homme, 30 ans plus tôt. Pendant une semaine, elle se réincarne chaque jour dans le corps d’une personne différente, avec sept chances de comprendre ce qui est arrivé à Ismaël.
Mais chaque matin, elle revient en 2021 et découvre que ses actes passés ont de réelles conséquences dans le présent.

Avec son ambiance des années 90, ses secrets de famillee et son récit à tiroirs, Les 7 vies de Léa transforme l’été en terrain de mystère. Dans les paysages ensoleillés des gorges du Verdon, en Provence, la série déroule son intrigue, entre cold case, voyage dans le temps et romance adolescente.
Une chronique qui fait réfléchir, qui parle de non-dits, de pardon, de jalousie, et surtout qui apprend à se mettre dans la peau des autres pour mieux les comprendre (littéralement).
Un hôtel de luxe… sans se ruiner !
The White Lotus, c’est la série idéale pour voyager sans bouger de chez soi. Chaque saison nous plonge dans un palace paradisiaque : d’abord à Hawaï, puis en Sicile, avant de poser ses valises en Thaïlande. Mais derrière les piscines turquoise, les buffets impeccables et les couchers de soleil de carte postale, les tensions apparaissent vite : secrets de famille, tromperies, crises existentielles, rapports de pouvoir et malaises sociaux...

À la fois satire sociale, comédie noire et drame de vacances, la série de Mike White observe avec finesse les clients et employés d’un resort de luxe fictif, et transforme chaque séjour de rêve en petit théâtre des vanités.
De quoi occuper vos journées caniculaires : trois saisons sont déjà disponibles, et tenez-vous bien… la prochaine devrait se dérouler en France !
Et pour finir, on plonge dans la boîte à souvenirs
Pour achever cette liste en beauté, Artips vous recommande chaudement Aftersun de Charlotte Wells, qui suit Sophie, 11 ans, en vacances avec son jeune père Calum dans un hôtel de Turquie, à la fin des années 1990. Au programme : piscine, karaoké, caméscope… et ce léger pressentiment que quelque chose cloche derrière les sourires.

Premier long-métrage de la réalisatrice écossaise, le film transforme un souvenir d’enfance en puzzle mélancolique, entre comédie tendre de vacances et grosse claque émotionnelle planquée sous un parasol.
Avec les formidables interprètes Paul Mescal et Frankie Corio, Aftersun montre le décalage entre le regard d’un enfant sur le monde et ce que les adultes tentent parfois de lui cacher.
Artips vous souhaite une bonne séance !
Voilà, vous avez désormais toutes les cartes en main pour organiser vos soirées ciné de l’été. Que vous soyez plutôt romance italienne, colo chaotique, cold case rétro, satire sociale ou douce parenthèse au bord de l’eau, il ne vous reste plus qu’à faire un choix, fermer les volets… et appuyer sur play.

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