1896. Marianne von Werefkin prend une lourde décision : elle renonce à ses pinceaux. Ce n’est pourtant pas le talent qui manque à cette jeune aristocrate née en Russie. Au contraire, celle qu’on surnomme la "Rembrandt russe" semblait promise à une grande carrière ! Encouragée par sa mère, elle a même été formée par l’un des grands maîtres du réalisme, Ilya Répine.

Mais Werefkin aspire à une peinture nouvelle… Le style réaliste ne lui correspond pas : elle veut des tableaux qui traduisent les états d’âme de leur auteur.
Hélas, influencée par les normes sociales de l’époque, la jeune femme pense que seul un homme pourra véritablement mener cette révolution artistique.

Voilà pourquoi Marianne délaisse sa pratique et s’engage, pendant dix ans, à théoriser, promouvoir et financer la carrière de son compagnon, Alexej Jawlensky. Installé à Munich, l’un des centres de l’effervescence artistique européenne, le couple anime un salon et fréquente des figures emblématiques de l’avant-garde.
C’est au contact de Vassily Kandinsky, Gabriele Münter ou encore Paul Klee que Marianne trouve enfin des alliés qui pensent comme elle ! Ensemble, ils défendent l’idée d’une peinture qui ne copie pas le réel mais qui illustre la vérité intérieure de l’artiste.

C’est le déclic : grâce à ces rencontres, Marianne se sent pousser des ailes. En 1906, finie la théorie ! Déçue par la peinture de son compagnon qu’elle ne trouve pas à la hauteur de leurs ambitions, elle décide enfin de donner forme à sa propre vision artistique.
L’artiste adopte un style dit "expressionniste" aux couleurs vives et audacieuses et aux traits plus libres.

C’est dans son nouveau pays d’accueil, la Suisse, que Marianne von Werefkin se fait ainsi connaître comme artiste à part entière.
Et si elle a été un peu oubliée après sa mort, on redécouvre aujourd’hui l’importance de cette cheffe de file de la modernité !
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