2009. Cela fait plusieurs jours que le navigateur et explorateur Patrick Deixonne a débuté sa longue traversée de l'Atlantique à la rame. Alors qu'il regarde le soleil se coucher lentement sur l'horizon, son embarcation percute violemment un objet dans l'eau.

Stupéfait, Patrick constate qu'il ne vient pas de heurter une baleine, mais… un pare-choc de voiture ! En fait, l'explorateur va croiser des déchets par centaines tout au long de sa traversée : sacs plastiques, mégots, coton-tiges, filets de pêche et même lunette de toilette…

Mais comment se retrouvent-ils au milieu de l'océan, à des milliers de kilomètres des côtes ? En fait, 80 % des déchets marins proviennent des activités terrestres. Ces déchets ont gagné les océans par les fleuves et les vents, ou y ont été jetés. Les 20 % restants découlent des activités maritimes (filets, cordes, bouées…). L'équivalent d’un camion poubelle de plastique se retrouve ainsi chaque minute dans l'océan !

Et ces déchets visibles ne sont que la face émergée de l'iceberg. Une fois en mer, ces détritus vont progressivement se fragmenter en petits morceaux appelés microplastiques (particules inférieures à 5 mm). Or, le plastique, c’est résistant ! Ces microparticules resteront de nombreuses années dans les océans.

Portées par les courants marins, et notamment les gyres océaniques (de grands courants circulaires), elles s’agglomèrent et forment le fameux "septième continent", composé de cinq zones d’accumulation de déchets. Contrairement à ce que son nom évoque, il ne s'agit pas d'une île flottante de déchets sur laquelle on pourrait marcher, mais de larges surfaces où se sont agglomérés des milliards de particules de plastique.

Évidemment, l'impact sur la biodiversité est dévastateur. Les déchets peuvent être ingérés par les poissons, oiseaux et mammifères, voire les tuer. Mais ce n'est pas tout : avalées par les animaux, ces particules finissent… dans nos assiettes. Limiter cette pollution devient si crucial que ça vaut le coup de ramer un peu !


.png)




