Seconde Guerre mondiale : les Klimt partis en fumée

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En mai 1945, le château d’Immendorf brûle avec son terrible secret : des œuvres spoliées par les nazis, dont plusieurs chefs-d’œuvre de Gustav Klimt, y étaient cachées. Parmi elles, les monumentales toiles de l’université de Vienne, aujourd’hui disparues à jamais.

Le château d'Immendorf avant son incendie en 1945, carte postale

12 mai 1945, dans le sud de l’Autriche. Après quatre jours d’incendie, les flammes s’éteignent enfin dans le château d’Immendorf. La malheureuse bâtisse est réduite en cendres mais ce n’est pas le seul trésor qui a disparu avec ce drame...

En effet, depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses œuvres d’art, dont plusieurs tableaux de Gustav Klimt, ont été cachés là par les nazis. Spoliées à leurs véritables propriétaires juifs persécutés par le régime, elles étaient "mises en sécurité" dans cette zone éloignée des bombardements.

Si les nazis conservent les tableaux de Klimt, c’est que l’artiste est plutôt apprécié. Contrairement à d’autres peintres d’avant-garde, il n’est pas considéré comme "dégénéré" et surtout, il a beaucoup de valeur sur le marché de l’art. Les nazis ont donc tout intérêt à s’approprier ses toiles.

Gustav Klimt, Le Chevalier d'or, fresque extraite de la Frise Beethoven, 1903, palais de la Sécession, Vienne. Photo : Peregrine / Alamy. Le Chevalier d'or est l'une des œuvres de Klimt que les nazis appréciaient le plus.

Dès 1938, ils confisquent les chefs-d’œuvre de la riche famille juive Lederer qui a fui à l’étranger. Amis et mécènes de l’artiste, les Lederer possèdent la plus grande collection de Klimt, dont ses trois toiles monumentales faites pour l’université de Vienne : La Philosophie, La Médecine et La Jurisprudence. Ce sont notamment elles qui sont enfermées dans le château d’Immendorf.

De gauche à droite : Gustav Klimt, La Philosophie (1900), La Médecine (1901) et La Jurisprudence (1903-1907), huile sur toile, 430 x 300 cm, photographies des toiles disparues en 1945

Mais alors pourquoi ces œuvres ont-elles brûlé ? En réalité, au moment de la capitulation de l’Allemagne et de leur fuite, les nazis auraient mis eux-mêmes le feu au bâtiment et à son contenu, pour empêcher les Alliés de récupérer les tableaux…

Par manque d’enquête en 1945, il est impossible de savoir exactement le nombre d’œuvres disparues à jamais. Et si certaines toiles, conservées ailleurs, ont survécu et ont pu être restituées aux Lederer, d’autres, comme les tableaux de l’université de Vienne, ne sont plus connues que par des photos...

Serena Lederer avec trois tableaux de Klimt, dont son portrait à droite, 1930-1940, Bibliothèque nationale d'Autriche, Vienne. Photo : DR

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