Œuvres spoliées : le train arrêté à temps par la Résistance

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En août 1944, les nazis tentent d’emporter vers l’Allemagne un dernier convoi d’œuvres spoliées. Mais Rose Valland, employée des musées et résistante de l’ombre, alerte la Résistance. Grâce aux cheminots et aux Alliés, le train n°40044 n’ira pas bien loin.

Août 1944, Paris. Tout est perdu pour les nazis ! Ils le savent, les troupes alliées ne vont pas tarder : il faut donc battre en retraite, direction l’Allemagne. Mais ils ne partent pas les mains vides

Paris sous l'Occupation allemande, 1941, photographie, photo : Archives fédérales allemandes

En effet, depuis le début de l’Occupation, les collections d'art appartenant à des juifs sont pillées, et leurs propriétaires légitimes sont déportés. Des dizaines de milliers d’œuvres sont déjà parties pour l’Allemagne.

Et, à quelques jours de la Libération, les nazis lancent encore un dernier train : 148 caisses remplies de meubles et de tableaux doivent quitter la France.

Un convoi d'œuvres spoliées aux juifs par les nazis, le 2 août 1944, photographie, photo : DR

Pour Rose Valland, une employée des musées français, c’est hors de question ! Cela fait des années qu’elle espionne les services nazis en charge du pillage. Elle informe immédiatement la Résistance : il faut à tout prix bloquer le train n°40044 jusqu’à l’arrivée des libérateurs. Plus facile à dire qu’à faire…

Pendant des jours, les cheminots gagnent du temps en provoquant des incidents techniques. Le train est même immobilisé non loin de Paris, à Aulnay-sous-Bois. Mais les Allemands ne supportent plus d'attendre : le transfert devient inévitable.

Roger Bissière, Femme assise, 1921, huile sur toile, 89 x 84 cm, Musée de Cahors Henri-Martin, Cahors © ADAGP, Paris, 2021. L'œuvre, provenant des collections de Paul Rosenberg, se trouvait à bord du train.

Heureusement, les troupes alliées finissent par arriver. Ni une ni deux, un détachement fonce vers Aulnay-sous-Bois pour arrêter les Allemands. Ouf, les œuvres ont eu chaud !

Parmi ces libérateurs se trouve un certain Alexandre Rosenberg. Celui-ci l’ignore, mais le train abrite des œuvres qu’il connaît bien... Ce sont des tableaux de la collection de son propre père, Paul Rosenberg, un célèbre marchand d’art. Sans le savoir, il vient de les sauver.

Roger Bissière, Femme assise, 1921, huile sur toile, 89 x 84 cm, Musée de Cahors Henri-Martin, Cahors © ADAGP, Paris, 2021. L'œuvre, provenant des collections de Paul Rosenberg, se trouvait à bord du train.

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