Juin 1945. Les Français se rendent par millions dans les mairies, les salles communales… munis de tous leurs billets de banque !
Quelle mouche les pique ?

La Seconde Guerre mondiale vient de se terminer : dans le pays, la production a été réduite ou confisquée par l'occupant allemand. On achetait donc souvent ce dont on avait besoin au "marché noir", sans contrôle ni taxes.
Résultat : certains se sont enrichis sans payer leurs impôts, les prix ont flambé, de faux billets sont apparus... bref, la monnaie en circulation ne correspond plus du tout à l'état réel de l'économie.

Conscients du problème, les alliés fabriquent en 1944 de nouveaux francs (les "billets drapeaux") en vue de remplacer les anciens. Les soldats les apportent avec eux lors du Débarquement en Normandie.
Oui mais voilà, ils ont été imprimés aux USA... Pour le général de Gaulle, qui dirige la France libérée, pas question de laisser les Américains imposer leurs billets drapeaux ! Car la fabrication de la monnaie, c’est un privilège historique de l'État, et un symbole fort de son pouvoir : on dit que c'est une "fonction régalienne".

Le gouvernement français lance donc une opération sans précédent : de nouveaux billets sont imprimés, similaires à ceux de 1944, mais bien français ceux-là...
Et chacun a 12 jours pour venir échanger ses vieilles coupures contre de nouvelles, pas un de plus ! Pour y arriver, 34 000 guichets sont improvisés un peu partout.

L'objectif ? Faire table rase du passé… et débusquer les profiteurs de guerre. En effet, comme les billets d'avant 1945 ne sont plus autorisés (ils n'ont plus de "cours légal"), ceux qui se sont enrichis par le marché noir n’ont pas le choix : ils doivent sortir leur fortune au grand jour pour obtenir de nouvelles coupures.
Et derrière les guichets de change, les agents des impôts les attendent… Tel est pris qui croyait prendre !


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