Italie, 1933. Alors qu’elle est en vacances avec des amis, la peintre Valentine Hugo est intriguée par un cliquetis métallique répétitif. Ce dernier provient de la chambre voisine, celle de l’artiste Max Ernst...

C’est le bruit des ciseaux qu’il repose régulièrement sur la table. Ernst est occupé à découper des dizaines d’images piochées dans des journaux, des feuilletons populaires ou encore des catalogues de vente du siècle précédent… Mais que fabrique-t-il ?

Un roman-collage ! Ernst assemble ces images découpées pour en créer de nouvelles, qui composent progressivement une histoire. Il n’y a pas vraiment de texte : seuls les titres des différentes parties donnent quelques pistes. Le lecteur est totalement libre d’interpréter la suite d’images, apparemment sans queue ni tête.

Quant au titre de l’ouvrage, Une semaine de bonté, il n’a pas grand-chose à voir avec son contenu ! La suite de 184 collages montre plutôt des scènes fantastiques de violence et de mort… Des sujets parfaitement dans l’esprit du mouvement surréaliste, auquel Ernst appartient.

Avec ce roman-collage, l’artiste dénonce le contexte politique de l’époque, et notamment la montée des nationalismes et des dictatures. À travers ses découpages, il moque allègrement la bourgeoisie, le patriotisme et le clergé, autant de valeurs qu’il juge dépassées. Quitte, pour cela, à désosser les livres de son lieu de vacances ! Valentine Hugo rapporte le mauvais état des ouvrages de la bibliothèque : "Les gravures étaient pour la plupart détachées et de grands morceaux découpés…"

Malgré tous ces efforts, Une semaine de bonté ne rencontre pas le succès espéré. Le roman-collage n’est tiré qu’à 800 exemplaires, en cinq cahiers au lieu des sept prévus… Ce qui ne l’empêche pas, aujourd’hui, d’être considéré comme une œuvre incontournable !

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