1861. Le compositeur allemand Richard Wagner compte bien conquérir le public parisien amateur de grand opéra ! Comment ? En montrant Tannhäuser, un opéra qu’il a composé en Allemagne. Mais les Parisiens se révèlent plus difficiles à contenter que prévu… Déjà, Wagner ne peut présenter Tannhäuser tel quel. Car à l'Académie impériale de musique, on ne chante qu'en français !

De plus, en France, le genre du grand opéra exige aussi la présence d'un ballet. Ce n’est pas vraiment du goût de Wagner… mais séduire Paris est à ce prix. À contrecœur, le compositeur intègre un ballet. Par contre pas question de le placer durant l’acte II, comme c’est l’usage. Pour conserver la cohérence dramatique de son œuvre, Wagner le met au début de l'opéra. Grave erreur !

En effet, à l’époque, on va à l’opéra pour la musique, mais pas que… C’est notamment le cas des membres du Jockey Club, un cercle parisien masculin et élitiste : beaucoup de ces aristocrates ont des maîtresses parmi les danseuses. Ils ont aussi pour habitude de n’arriver qu’à l’acte II, après un copieux dîner, juste à temps pour le ballet. Chacun peut ainsi admirer sa jeune protégée sur scène. Autant dire qu’en bouleversant leurs petites habitudes, Wagner a commis l’impardonnable...
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Résultat des courses : les membres du Jockey Club expriment leur mécontentement en sifflant bruyamment ! Le scandale est tel que Wagner décide de faire retirer l’œuvre de l’affiche. Et tant pis pour les mois de travail acharné et les 160 heures de répétition… L’opéra ne sera plus rejoué à Paris pendant plus de trente ans. Un vrai traumatisme pour Wagner, qui gardera toute sa vie une grande rancœur contre Paris !


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