1893. Diplômé de l’Académie des beaux-arts de Pennsylvanie, où il était le seul étudiant noir, le peintre Henry Ossawa Tanner vit désormais à Paris. Mais, à peine remis d’une vilaine fièvre typhoïde, il décide de retourner chez ses parents pour s’y reposer : direction Philadelphie, aux États-Unis. Cependant, le séjour ne sera pas de tout repos…

Tout de suite arrivé, il est invité à prononcer un discours à l’Exposition universelle de Chicago, où il affirme haut et fort que les artistes noirs ont les mêmes capacités que les artistes blancs. Des propos courageux dans une Amérique marquée par le racisme et la ségrégation, qu’il avait d’ailleurs fuie deux ans plus tôt…

Retrouver ce contexte agit comme un électrochoc. Le peintre décide de délaisser ses sujets préférés, les paysages et les scènes religieuses, pour combler un vide dans l’art de son époque. Il veut représenter les Afro-Américains dans leur quotidien, dans leur dignité et loin des stéréotypes.
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C’est ainsi que naît La Leçon de banjo. Ce tableau redonne ses lettres de noblesse à cet instrument associé à la culture afro-américaine et largement dénigré.
Alors qu’il sert notamment d’accessoire dans les "minstrel shows", des spectacles caricaturaux qui se moquent des personnes noires, le banjo est présenté ici comme un instrument exigeant et respectable, qui s’apprend au même titre que les autres.

Il est ainsi au centre d’une touchante scène de transmission entre, a priori, un grand-père et son petit-fils. À travers cette toile, Tanner ne met pas seulement en valeur l’objet, mais toute la culture afro-américaine qu’il symbolise.
Après le refus d’un précédent tableau, La Leçon de cornemuse, Tanner présente cette nouvelle leçon au prestigieux Salon de peinture et de sculpture de Paris, où il rêve de voir l’une de ses œuvres sélectionnées. Et c’est un succès ! Le peintre retourne ainsi à Paris en 1894, définitivement remis sur pied.


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