1963, Californie. Le trompettiste de jazz Dizzy Gillespie est l’une des têtes d’affiche du festival de Monterey. Soudain, son concert prend un tour inattendu… Le musicien fait une annonce étonnante : "Je veux devenir le prochain président des États-Unis !" Puis il convie sur scène un ami chanteur, qui se lance dans une délirante chanson de campagne intitulée Vote Dizzy. Quelle mouche l’a piqué ?
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Le public, amusé, y voit une vaste blague. Il faut dire que le trompettiste est davantage connu pour la nouveauté et la virtuosité de ses improvisations que pour ses opinions politiques. Ses premières déclarations comme candidat semblent d’ailleurs confirmer le côté fantasque de son annonce…

Au programme : rebaptiser la Maison-Blanche en "Maison du Blues", et nommer tous ses copains jazzmen à des postes clés. C’est ainsi qu’il imagine le trompettiste Miles Davis à la tête de la CIA, le pianiste Duke Ellington au ministère des Affaires étrangères ou encore la chanteuse Ella Fitzgerald aux Affaires sociales… Un gouvernement qui a du swing !
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Malgré ses mesures farfelues, Gillespie est on ne peut plus sérieux. L’artiste est profondément révolté par les meurtres racistes qui secouent l’Amérique. Son programme défend les droits civiques des afro-américains, que ce soit en faisant des propositions pour davantage d’égalité ou en exigeant l’interdiction du Ku Klux Klan.

Gillespie, s’il continue à faire sourire, est désormais pris en considération : la presse s’intéresse à lui, de nombreux soutiens se manifestent, ses opposants commencent à s’inquiéter… Mais l’aventure s’arrête brutalement, sans doute faute de moyens. Cela ne l’empêchera pas de venir à la Maison-Blanche : non comme président, mais comme trompettiste, l’un des meilleurs au monde !


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