1911, Paris. Paul Poiret, le célèbre couturier qui a imaginé des robes révolutionnaires à porter sans corset, veut se diversifier. En plus de ses vêtements, il rêve de broderies et d’imprimés… Et pas question de suivre une tendance : la mode, c’est lui qui la crée !
Il décide de fonder un véritable laboratoire expérimental d’arts décoratifs, inspiré par le fonctionnement des Ateliers Viennois, une association d’artistes et d’artisans issus d’horizons différents.


Pour s’assurer que son "Atelier Martine", du nom de l’une de ses filles, innove constamment, Paul Poiret s’entoure des esprits les plus vifs.
Ainsi, le couturier accueille de nombreuses jeunes filles âgées d’environ douze ans, toutes issues de familles trop modestes pour s’offrir une autre école d’art. Ici, les élèves sont initiées à l'impression de tissu, aux vitraux, à la peinture sur porcelaine, au tissage… Mais on attend surtout d’elles une créativité sans limites !
En effet, ce sont leurs dessins qui doivent composer les nouvelles collections de Monsieur Poiret. Et on met tout en œuvre pour ne pas gâcher leur spontanéité. Les artistes qui les encadrent les conseillent, mais elles n’ont pas de professeur et sont libres de dessiner ce qu’elles veulent.



D’ailleurs, on privilégie une pédagogie expérimentale : les jeunes filles de l’atelier sont emmenées au Jardin des Plantes, dans les musées et de nombreuses églises, pour nourrir leur trait.
Leurs dessins floraux sont ensuite adaptés en tissus imprimés puis vendus dans la Maison Martine, une boutique située dans la même rue. Coussins, tapis, papiers peints… il y a du choix.
Pari réussi pour Paul Poiret : en plus de permettre à des jeunes filles de se former à un métier, ce nouveau style rencontre le succès. Bientôt, ce sont tous les Parisiens élégants qui s’arrachent ces motifs. Même la vedette de l’époque, Mademoiselle Spinelly, en orne son hôtel particulier. La classe !


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