En 1942, Edward Hopper peint l’une de ses plus célèbres toiles, Nighthawks. On y voit trois clients attablés au comptoir d’un restaurant dans une grande ville, en pleine nuit. Le tableau est bien mystérieux…
Heureusement, pour le décrypter, on peut compter sur une alliée de choix.

Il s’agit de la femme du peintre, Josephine Nivison surnommée "Jo". Elle-même peintre, elle tient depuis son mariage avec Hopper un précieux carnet où sont détaillés les tableaux de son époux.
Et c’est une formidable mine de renseignements ! Car, dans ce carnet, Edward lui-même dessine des croquis et donne quelques informations, tandis que Jo y décrit précisément les peintures.

C’est pourquoi, devant un tableau aussi énigmatique que Nighthawks, le fameux carnet est appelé à la rescousse. À l’époque, Hopper est déjà connu comme peintre de la vie quotidienne des Américains.
D’ailleurs, le sujet du tableau est une institution typiquement américaine : un diner, sorte de café-restaurant ouvert toute la nuit. Mais c’est bien Josephine qui donne une explication du titre de l’œuvre…

Car Nighthawks, littéralement "faucons de nuit", est un nom bien étrange. En effet, l’expression consacrée pour désigner des noctambules est plutôt "night owl", pour "oiseau de nuit".
Pourquoi donc choisir un titre évoquant des oiseaux de proie ?

À la page du carnet présentant la toile, Josephine décrit ainsi l’un des personnages peints : "faucon nocturne (au long "bec") dans un costume foncé, au chapeau gris acier".

La voilà qui associe le profil du personnage à l’inquiétant bec d’un faucon… Il est donc très probable que ce soit également Josephine qui soit à l’origine du titre du tableau !
Malgré cette explication, qui renforce le côté "film noir” de l’œuvre, cette dernière reste plutôt énigmatique… Et c’est sans doute cela qui la rend si fascinante !


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