1962, dans le nord de la France. Les ouvriers des mines de charbon s’inquiètent pour leur avenir : elles sont toutes en train de fermer. Il faut vite retrouver du travail !

Non loin de là, dans la petite ville côtière de Grande-Synthe, une solution se présente : on lance un gigantesque ensemble "sidérurgique". Dans ces usines où l'on travaille l'acier, le ciment et le métal, des milliers d'emplois sont disponibles !
Peu à peu, des familles s'installent à Grande-Synthe. Ouf, tout va bien, les mineurs reconvertis vont échapper à la pauvreté.
Vraiment ? En fait, c'est plus compliqué que ça.

Quand ils travaillaient dans les mines de charbon, les mineurs du Nord vivaient dans des "corons", des quartiers d'habitation où le logement était offert, et beaucoup de dépenses prises en charge par l'entreprise nationale qui les employait : le charbon pour se chauffer, l'eau, le gaz, l'électricité, les soins...

Ainsi, même si le salaire de la mine n'était pas élevé, les familles ouvrières n'avaient que peu de dépenses en dehors de leur consommation quotidienne.
Résultat : leur "niveau de vie", le rapport entre leurs revenus et leurs dépenses, était plutôt satisfaisant. On pouvait même, de temps en temps, se payer des vacances.

Mais à Grande-Synthe, ce n'est plus la même chose ! Les familles sont logées dans des tours d'habitations à loyer modéré (HLM) où il faut tout payer : le loyer, les énergies, les soins…

Même si leur salaire est plus élevé qu'avant, il faut faire face à tous ces nouveaux postes de dépenses, revoir son budget, et renoncer aux vacances.
À revenu égal, voire supérieur, leur niveau de vie s'est détérioré.
Les ouvriers de Grande-Synthe se retrouvent plus pauvres au bord de l'eau qu'au fond de la mine…


.png)




