
1794. En Wallonie, dans l’actuelle Belgique, le château de Freÿr vit ses dernières heures. Poussé par le vent de la Révolution, un maire local s’est allié aux troupes françaises, et il est bien décidé à le détruire. La raison ? Le bâtiment serait un symbole de l’Ancien Régime et du pouvoir seigneurial, dont il faut venir à bout. Pourtant, une fois qu'il se trouve devant, il s’arrête net.
C’est que le maire ne s’attendait pas à tomber sous le charme des magnifiques orangers du domaine ! Il interrompt immédiatement la démolition, le temps de trouver un moyen de les mettre à l’abri.
Il faut dire que ces arbres fruitiers sont exceptionnels. Très âgée, cette collection en caisses est l’une des plus anciennes d’Europe. Et ce n’est pas tout… En prenant du recul, notre élu révolté est forcé de constater que l’ensemble des jardins de Freÿr constitue un écrin hors du commun !

Aménagé au milieu du siècle le long de la Meuse, entre le château Renaissance et les falaises escarpées, le parc est des plus raffinés. Le jardin bas s’orne de bassins et de tilleuls en quinconce : c'est là où les orangers sont sortis chaque été.
Plus haut, caché sur un terrain en pente, un second jardin offre aux promeneurs un ravissant labyrinthe bordé de charmilles figurant des jeux de cartes et longues de… six kilomètres !

L’influence des jardins de Versailles a guidé la construction de ces allées, organisées autour de lignes de perspective. Certainement une raison de plus pour le révolutionnaire de vouloir s’en débarrasser, une fois les orangers déplacés.

Heureusement, l’opération prend plus de temps que prévu. Au point que le maire finit par perdre son poste et que le projet de démolition est abandonné!
Les orangers sont donc finalement toujours là, et malgré quelques aménagements, les jardins de Freÿr ont gardé aujourd’hui encore leur aspect d’origine grâce à un entretien rigoureux. Le parc de Freÿr l’a échappé belle !


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