Nettie Stevens, la biologiste oubliée qui a découvert le chromosome Y

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En observant de simples coléoptères, Nettie Stevens découvre en 1905 que le sexe biologique dépend des chromosomes. Une avancée majeure, d’abord peu reconnue, qui éclaire encore aujourd’hui notre compréhension du vivant… et peut-être même certaines différences de santé.

1905, États-Unis. Penchée sur son microscope, la biologiste Nettie Stevens observe avec attention… des testicules. Plus spécifiquement, les cellules germinales (futurs spermatozoïdes) d’une larve de coléoptère, le Ténébrion meunier, aussi appelé "vers de farine".

Mais que fabrique-t-elle ?

Nettie Stevens, 1909, photo : Bryn Mawr College Special Collections

Nettie s’intéresse à la "détermination sexuelle", soit à l'ensemble des éléments qui déterminent le sexe d'un individu. À l'époque, on pense qu’elle serait liée à l'environnement maternel (température, nourriture, etc.). Mais Nettie n'est pas d'accord.

Femme enceinte, photo : Anna Hecker

Pour elle, la détermination sexuelle serait… génétique ! Elle a en effet remarqué quelque chose d’étrange chez ses coléoptères. Les larves femelles contiennent toujours 20 grands chromosomes (composés d'ADN et de protéines), organisés en 10 paires symétriques.

En revanche, les larves mâles possèdent, elles, 19 grands chromosomes et un tout petit de forme sphérique, qui s’organisent en 9 paires symétriques et 1 paire asymétrique.

Ce tout petit chromosome, personne ne l’avait encore jamais observé.

En haut : les chromosomes des larves femelles. En bas : les chromosomes des larves mâles. Illustration Artips.

Or, pour Nettie c’est très simple : "les spermatozoïdes qui contiennent le petit chromosome déterminent le sexe mâle". En revanche, "ceux qui contiennent dix chromosomes de même taille déterminent le sexe femelle".

Pour en avoir le cœur net, la chercheuse décide d’étudier les chromosomes d'autres insectes. Et banco, son hypothèse se vérifie ! Et pas uniquement pour les insectes.

Deux autres insectes étudiés par Nettie Stevens. En haut : La chrysomèle rayée de la verge d'or (Trirhabda virgata), photo : Smidon33. En bas : La coccinelle Epilachna borealis. Photo : Stephen Ausmus

Ce système (depuis appelé "système XY de détermination sexuelle") est aussi retrouvé chez certaines plantes et chez tous les mammifères, humains compris ! Les mâles ont des chromosomes XY (Y étant le petit chromosome), et les femelles des chromosomes XX.

Illustration Artips

Pourtant fondamentale, la découverte de Nettie mettra plusieurs années à être acceptée. Mais désormais, on commence à se rendre compte que cette différence de chromosomes sexuels ne joue pas que sur la détermination du sexe.

Elle pourrait aussi influer sur… notre santé, notamment sur le vieillissement. Eh oui, en moyenne, les femmes vivent plus longtemps que les hommes… et cela pourrait bien être dû à leur absence de Y !

Femmes âgées, photo : Artyom Kabajev

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