1875, Bordeaux. Joseph Marquet, employé des chemins de fer, et son épouse Marguerite donnent naissance à leur premier et unique enfant. Le petit Albert Marquet a un pied bot (c’est-à-dire replié vers l’intérieur) et une très mauvaise vue. Deux infirmités dont ses camarades se moquent pendant toute sa scolarité…
Mis à l’écart, plutôt distrait en classe, le jeune garçon se réfugie dans le dessin. Et son talent précoce ne passe pas inaperçu aux yeux de sa mère !
Persuadée du potentiel de son fils alors adolescent, Marguerite décide de vendre un terrain qu’elle possède afin de pouvoir déménager à Paris. Là, Albert pourra suivre une formation artistique de qualité. Mère et fils débarquent donc dans la capitale en 1890. Le père, à vrai dire peu convaincu par l’idée de sa femme, les rejoindra lorsqu’il prendra sa retraite.

Tandis que sa mère gère la mercerie dans laquelle elle a investi ses économies, Albert entre à l’École des arts décoratifs, où il rencontre un certain Henri Matisse.
Ensemble, ils aiment peindre les rues de Paris dans des couleurs vives. Ils deviennent bientôt inséparables, et intègrent tous deux l’École des beaux-arts.

Marguerite commence à douter : après toutes ces années d’étude, et tous ses propres sacrifices, la carrière de son fils va-t-elle vraiment décoller ?
"Je serais si heureuse de son succès, je sais qu’il faut du temps, mais si j’étais sûre de son succès…", écrit-elle au peintre Gustave Moreau, maître d’Albert aux Beaux-Arts.


Mais son inquiétude est de courte durée : Albert commence à exposer et dès 1904, l’État lui achète une première toile. L’année suivante, il signe avec un galeriste un contrat d’exclusivité, qui lui assure un revenu régulier et lui permet dès lors de vivre de son art…
Il peut remercier sa chère maman !


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