Albert Marquet, une carrière portée par l’amour d’une mère

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Malvoyant et moqué dans son enfance, Albert Marquet trouve refuge dans le dessin. Convaincue de son talent, sa mère Marguerite sacrifie ses économies pour l’emmener à Paris. Un pari risqué, mais gagnant : son fils deviendra peintre.

1875, Bordeaux. Joseph Marquet, employé des chemins de fer, et son épouse Marguerite donnent naissance à leur premier et unique enfant. Le petit Albert Marquet a un pied bot (c’est-à-dire replié vers l’intérieur) et une très mauvaise vue. Deux infirmités dont ses camarades se moquent pendant toute sa scolarité…

Mis à l’écart, plutôt distrait en classe, le jeune garçon se réfugie dans le dessin. Et son talent précoce ne passe pas inaperçu aux yeux de sa mère !

Persuadée du potentiel de son fils alors adolescent, Marguerite décide de vendre un terrain qu’elle possède afin de pouvoir déménager à Paris. Là, Albert pourra suivre une formation artistique de qualité. Mère et fils débarquent donc dans la capitale en 1890. Le père, à vrai dire peu convaincu par l’idée de sa femme, les rejoindra lorsqu’il prendra sa retraite.

Albert Marquet , La Mère de l'artiste, 1905-1906, pastel sur papier, 61 x 50 cm, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Tandis que sa mère gère la mercerie dans laquelle elle a investi ses économies, Albert entre à l’École des arts décoratifs, où il rencontre un certain Henri Matisse.

Ensemble, ils aiment peindre les rues de Paris dans des couleurs vives. Ils deviennent bientôt inséparables, et intègrent tous deux l’École des beaux-arts.

Marguerite Marquet, une ouvrière et Albert Marquet (âgé de 18 ans) devant la mercerie de Madame Marquet, 1893

Marguerite commence à douter : après toutes ces années d’étude, et tous ses propres sacrifices, la carrière de son fils va-t-elle vraiment décoller ?

"Je serais si heureuse de son succès, je sais qu’il faut du temps, mais si j’étais sûre de son succès…", écrit-elle au peintre Gustave Moreau, maître d’Albert aux Beaux-Arts.

Albert Marquet, Matisse en haut-de-forme, vers 1900, dessin à l'encre de Chine, 18 x 27 cm
Albert Marquet, Le pont Saint-Michel, 1910, huile sur toile, 65 x 81 cm, Musée de Grenoble

Mais son inquiétude est de courte durée : Albert commence à exposer et dès 1904, l’État lui achète une première toile. L’année suivante, il signe avec un galeriste un contrat d’exclusivité, qui lui assure un revenu régulier et lui permet dès lors de vivre de son art

Il peut remercier sa chère maman !

Albert Marquet, Autoportrait, 1904, huile sur toile, 46 x 38 cm, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

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