Début du XXe siècle, Paris. Dans une salle des ventes, la femme d’affaires Helena Rubinstein, qui a fait fortune dans les cosmétiques, se tient prête. Les yeux rivés sur les statuettes et les masques africains mis aux enchères, elle a une mission bien précise…Si elle est là, c’est à la demande de son voisin de Londres, le collectionneur Jacob Epstein. Celui-ci est l’un des premiers à se passionner pour les œuvres africaines.

Or pour en acheter, il faut se rendre à Paris, la capitale du marché de l’art. Jacob Epstein n’a même pas besoin de faire le voyage, puisqu’Helena Rubinstein s’y déplace régulièrement pour ses affaires. Pratique ! "Madame", comme on la surnomme, enchérit donc à la place de son ami. Elle lui doit bien ce service : il lui a fait découvrir l’art africain quelques années plus tôt. Fascinée, elle a même commencé à se constituer sa propre collection.

Aussi, quand le prix de l’œuvre voulue par son ami dépasse ses moyens, Madame continue d’enchérir... mais cette fois-ci pour elle-même ! Ses proches sont stupéfaits : comment Helena Rubinstein peut-elle apprécier cet art considéré comme "primitif", si éloigné des standards occidentaux ?

Heureusement, Madame n’a que faire de leurs avis. Elle aime ce qui la touche, un point c’est tout. Pour elle, la beauté a différentes formes : elle ne doit surtout pas être banale, mais avoir du caractère. Helena Rubinstein préfère donc suivre son instinct et faire confiance à son regard.

D’ailleurs, le vent finit par tourner. Quand sa collection est à son tour vendue aux enchères en 1966, les prix battent tous les records... Preuve que cet art est désormais reconnu par le marché de l'art. Et cela grâce à des passionnés, comme Madame et son voisin !

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