
Années 1940. Bing Crosby, chanteur star, est en tournée dans le Pacifique. Son but ? Remonter le moral des soldats américains en pleine Seconde Guerre mondiale. Mais alors que son concert se termine, son public se met à lui réclamer une musique de Noël qu’il avait pourtant enlevée du spectacle...

Si Crosby rechigne à l’interpréter, c’est que White Christmas (Noël blanc) est loin de mettre du baume au cœur. Sa mélodie et ses paroles mélancoliques ont même tendance à faire pleurer les soldats !
Il faut dire que son auteur, Irving Berlin, n’aime pas beaucoup cette fête. Il a tragiquement perdu l’un de ses fils un 25 décembre... Voilà pourquoi sa ballade lyrique est pleine de nostalgie : "Je rêve d’un Noël blanc, tel que je l’ai connu (jadis)". À travers sa musique, Berlin évoque le temps révolu de l’enfance insouciante.

Mais alors pourquoi cette mélodie plaît-elle tant aux soldats ? Eh bien, elle a été interprétée pour la première fois à la radio par Bing Crosby en décembre 1941, peu après l’entrée en guerre des États-Unis. Pour la première fois, les familles sont éclatées. "White Christmas" parle donc à tous ces hommes mobilisés sur le front qui rêvent de leur foyer et d’insouciance dans un monde déchiré.
Le succès de "White Christmas" ne s’arrête pas là. Devenue un classique de Noël, la chanson est reprise par la suite par des artistes aussi différents qu’Elvis Presley, Louis Armstrong, Taylor Swift, et même en français par Dalida.

Aujourd’hui, elle est l’un des singles les plus vendus de tous les temps. Et c’est l’industrie musicale qui en a été bouleversée. "White Christmas" a lancé le genre, toujours très rentable, des albums de Noël. Irving Berlin a donc marqué durablement une fête... qu’il détestait !


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