Russie, début des années 1920. Dans un laboratoire de physique, le chercheur Léon Thérémine teste un appareil de mesure. Tout à coup, il se rend compte que les mouvements de sa main provoquent un sifflement, un peu comme le son d'un violoncelle.
Au lieu de vouloir éliminer cette interférence, ce musicien amateur s'y intéresse. Il décide de modifier l’appareil de mesure pour en faire… un instrument de musique !

Baptisé thérémine, le nouvel instrument possède deux antennes autour desquelles se déploie un champ magnétique. Et comment fait-on pour "jouer" de cette machine ? Eh bien, pour contrôler son sifflement, l’antenne verticale fait varier la hauteur de la note et l’horizontale permet de jouer sur le volume.

Concrètement, pour modifier le son, le musicien perturbe le champ magnétique en rapprochant ou éloignant ses mains de chacune des antennes. Cela ressemblerait presque à un numéro de prestidigitateur !
Bien vite, Thérémine présente son invention en Russie, en Europe et aux États-Unis. Les démonstrations font leur effet : pour la première fois, un musicien joue de son instrument sans même le toucher !
Mais l’inventeur, qui rêvait de rendre accessible la pratique musicale grâce à son instrument, déchante bien vite. Le grand public n’est pas prêt pour acheter cette curiosité…

Pourtant, avec son instrument, Thérémine pose sans le savoir les bases de la musique électronique. Et ce, bien avant les boîtes à rythmes des années 1980 ! Son instrument se retrouve aussi bien chez les rockeurs que dans les musiques de films de science-fiction... On pourra citer par exemple son utilisation dans la chanson Whola Lotta Love de Led Zeppelin ou dans le film Mars Attacks !
Heureusement, Thérémine vit suffisamment longtemps pour constater l’impact de son invention. Après quelques années sombres, où il est forcé de travailler pour l'espionnage soviétique, il peut enfin constater l'impact de son invention. Âgé de 94 ans, il est convié à de prestigieux festivals de musique électronique !


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