Abidjan, Côte d’Ivoire. Comme chaque jour, Ariatou Ouédraogo se rend dans son salon de coiffure. Certes, elle prend soin des cheveux de ses clientes mais, au gré de la discussion, elle prend soin d’elles… tout court !
En effet, même si de nombreuses Ivoiriennes souffrent de dépression, la thérapie est rarement envisageable. Elle est trop chère, peu acceptée socialement, et de toute façon peu accessible. Dans un pays avec moins de 100 spécialistes pour 33 millions d’habitants, il est bien plus facile pour les femmes de se confier dans un salon de coiffure.
Heureusement que cela est possible, car comme le rappelle l'Organisation Mondiale de la Santé, la santé mentale fait partie intégrante de la bonne santé et constitue un droit fondamental. Définie comme un état de bien-être qui permet de faire face aux contraintes de la vie et de réaliser son potentiel, la santé mentale est aussi importante que la santé physique.

Le programme de formation Heal by Hair ("guérir par les cheveux"), créé par l'association Bluemind Foundation, permet aux coiffeuses comme Ariatou de venir en aide à ses clientes. Maintenant elles sont nombreuses à être devenues des vraies secouristes de la santé mentale.
Une cliente agitée, une autre avec des maux de tête récurrents ? Les coiffeuses formées par des psychiatres connaissent leurs habituées et ont appris à repérer des signes avant-coureurs de dépression. Et ce n’est pas seulement "se sentir triste" à un moment donné. Médicalement ce trouble se caractérise principalement par une humeur triste, une perte d’intérêt ou un manque d’énergie quasi continus pendant au moins deux semaines.

Une discussion sans jugement peut alors s’ouvrir entre les coiffeuses et leurs clientes, car parler de la dépression c’est déjà aider : ces coiffeuses jouent donc un rôle crucial comme premier contact.
Si nécessaire, elles peuvent encourager à aller voir des thérapeutes parmi la liste des contacts recommandés qui leur a été confiée.

En effet, seul un professionnel peut diagnostiquer un trouble psychique et entamer une thérapie adaptée.
Et si tout le monde peut souffrir d’un trouble psychique au cours de sa vie, la stigmatisation reste forte dans la société ivoirienne, ainsi que dans le reste du monde. On ne se confiera pas tous au salon de coiffure, mais il y a de nombreux chemins vers un rétablissement !

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