Californie, 18 décembre 1999. Julia Butterfly Hill, 25 ans, descend d’un séquoia géant puis, submergée par l’émotion, laisse couler ses larmes. Pourquoi est-elle si bouleversée ? Parce qu’elle avait 23 ans quand elle a escaladé cet arbre… Parce que, depuis ce jour, elle a dormi 738 nuits à son sommet ! Parce que 2 ans, ce n’est pas grand-chose pour un arbre millénaire, mais c’est énorme pour une jeune humaine. Et puis, surtout, parce qu’elle vient de sauver la vie de son ami végétal, qu’elle appelle Luna…

En grimpant sur ce séquoia, fin 1997, Julia Butterfly Hill répond à l’appel d’une association opposée à l’abattage intégral des forêts. Quelques années plus tôt, ces "coupes claires" étaient encore impensables dans la région : la compagnie forestière locale ne prélevait qu’un nombre limité d’arbres par parcelle.

Hélas, des investisseurs ont récemment racheté la compagnie, et rembourser leur emprunt les préoccupe bien plus que la gestion durable des forêts. À leurs yeux, un arbre debout est avant tout une coquette liasse de billets à récolter à coups de tronçonneuse. Peu importe qu’il lui ait fallu un millier d’années pour pousser.
D’ailleurs, la loi n’interdit pas de mettre fin à l’existence d’un arbre. Pour ce qui est d’une vie humaine, en revanche, c’est une autre histoire. D’où cette idée, aussi simple qu’efficace, de grimper sur les arbres : impossible d’abattre un séquoia occupé de 60 mètres sans se rendre coupable d’un meurtre !

Julia Butterfly Hill devait rester 30 jours, mais devenue un symbole médiatique, elle décide de ne descendre qu’après la signature d’un accord. Malgré le froid, les intempéries, les actions de dissuasion à coups de haut-parleurs hurlants, lumières aveuglantes et rupture de ravitaillement, elle a fait plier la compagnie. Vendue aux activistes, la parcelle de séquoias est désormais une réserve protégée.
Les coupes rases ne se sont pas arrêtées pour autant, au contraire. Avec le développement des centrales électriques au bois et des chauffages aux granulés, la demande monte, et cette pratique destructrice se multiplie dans le monde.
Heureusement, la gestion responsable des forêts gagne aussi du terrain. Et la bonne nouvelle, c’est qu’en augmentant les surfaces boisées écogérées, on participe à la réduction du CO2 dans l’atmosphère !


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