Inde, fin du 18e siècle. Le maharaja Sawâi Pratap Singh est en pleine visite à Jhunjhunu lorsqu'il est frappé par la beauté d’un édifice.

C’est le Khetri Mahal qui le laisse bouche bée, un palais qui laisse passer le vent à travers plusieurs portails ouverts dans sa façade. L’ingéniosité de l’ensemble donne une idée au maharaja...
En effet, ce dernier veut alors redorer l’image de sa ville, Jaipur, qui est en déclin. Pour lui apporter un nouveau prestige, ce mécène a misé sur l’art et l’architecture. Pourquoi Jaipur n’aurait-elle donc pas son propre "palais des vents" ? Ce serait le symbole de sa renaissance !

Très vite, les travaux sont lancés. L’édifice de 15 mètres de haut est construit en grès rose, un matériau très prestigieux, utilisé par les anciens empereurs moghols. Puis, en prenant exemple sur le Khetri Mahal, 953 petites fenêtres, appelées des jharokhâ, sont sculptées avec finesse sur la façade. Leurs courbes élégantes et complexes sont typiques de l’architecture de la région.

Quant à la structure globale, elle est directement inspirée par la couronne du dieu hindou Krishna, auquel le palais est dédié.
En plus d’être esthétique, le Hawa Mahal (véritable nom du "palais des vents") est une prouesse d’ingénierie. Ses centaines d’ouvertures, par exemple, ne sont pas seulement là pour faire joli… Elles permettent d’aérer un intérieur sobre et intime lorsque les chaleurs estivales frappent le pays. Les femmes de la famille royale peuvent aussi voir l’extérieur en toute discrétion. Et, cerise sur le gâteau, grâce à sa forme incurvée, le palais serait le plus haut bâtiment construit sans aucune fondation !

Pari réussi pour le maharaja : le palais des vents est, dès l’époque de sa construction, considéré comme un miracle. Et il continue aujourd’hui encore de faire la réputation de Jaipur !

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