1528. Un éditeur parisien publie un recueil, intitulé Chansons de maistre Clément Janequin. Le Clément Janequin en question est, à l'époque, un homme d'église de la région de Bordeaux.
On peut donc s’attendre à ce que ce livre présente des partitions de musiques religieuses. Mais l'habit ne fait pas le moine…
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Il s'agit en réalité d'un recueil de chansons populaires. Car Janequin n'est pas seulement un religieux, c'est aussi un compositeur très prolifique : au cours de sa carrière, il concocte pas moins de 250 chansons ! Et parmi toutes ces pièces, l'une devient particulièrement fameuse : Le Chant des oiseaux.
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Il s'agit d'une chanson a capella, donc sans instruments, et polyphonique, avec plusieurs voix qui s'entrecroisent. Jusque-là, pour de la musique de la Renaissance, rien de très étonnant…
Mais ce sont les paroles qui intriguent : en effet, Janequin utilise surtout des onomatopées et des pépiements.

Très rythmée, la chanson est un véritable défi technique pour les chanteurs. Elle cherche à reproduire le chant des volatiles : tour à tour, on peut ainsi entendre une évocation du rossignol, de l'alouette ou encore du coucou. On s'y croirait !

Le Chant des oiseaux est également plein d'humour, une autre caractéristique de l'art de Janequin. Ses chansons hautes en couleur célèbrent les émotions, la nature et l'humain. Dans une autre de ses compositions, il reproduit même les cris du Paris de l’époque.
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L'édition du recueil est une vraie réussite. Grâce à sa large diffusion, Janequin obtient une renommée européenne et ses compositions sont de nombreuses fois réimprimées. Peu avant sa mort, il reçoit même le très prestigieux titre de "compositeur ordinaire du roi".
Les oiseaux n'annoncent donc pas que le printemps, mais aussi le succès !


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