18e siècle, dans l’actuelle Allemagne. Le compositeur Jean-Sébastien Bach est l’heureux papa d’un nombre impressionnant d’œuvres… ainsi que de vingt enfants ! Plusieurs d’entre eux suivent les traces de leur célèbre géniteur, en se lançant à leur tour dans la musique. Mais Jean-Sébastien a son préféré.

Son nom ? Wilhelm Friedemann, l’aîné, un véritable prodige. Bach, qui l’adore, tient à ce qu’il mène une grande carrière. Pour que son fiston puisse s’exercer, il compose des dizaines d’œuvres, dont certaines sont rassemblées dans le recueil Le Clavier bien tempéré. En plus de ses cours à domicile, il l’envoie dans une prestigieuse université.
La bienveillance paternelle ne s’arrête pas là. Bach se démène pour placer Wilhelm Friedemann au sein des plus belles institutions musicales. Il va même jusqu’à écrire lui-même une lettre de candidature, en lui demandant simplement de la signer !

Et les efforts paient. Wilhelm Friedemann, qui joue de l’orgue, du violon et du clavecin, se fait un prénom comme instrumentiste : il est l’un des seuls à pouvoir jouer les œuvres les plus difficiles de son père. Mieux encore, il compose lui aussi, en oscillant entre des partitions très techniques, dans la lignée du paternel, et des passages improvisés d’une plus grande liberté. À l’époque, il a même pour admirateur le petit Mozart, qui copie certaines de ses œuvres dans ses carnets.

Hélas, Jean-Sébastien meurt en 1750 : c’est un choc pour son fils chéri. Malgré son talent, Wilhelm Friedemann renonce alors à tous ses postes. Il termine sa vie seul et incompris, dans une grande pauvreté. Pour survivre, il finira même par brader les partitions de son dévoué papa…