Comment la sculptrice Augusta Savage a pris sa revanche

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Exclue d’un programme d’études en raison de sa couleur de peau, Augusta Savage transforme malgré tout le racisme en révolution artistique.

New York, 1923. La sculptrice Augusta Savage est extrêmement remontée. Elle devait passer l’été en France pour participer à un programme d’études. Mais au dernier moment, on lui apprend qu’elle est finalement exclue du séjour !

La raison invoquée par les organisateurs ? Sa couleur de peau risquerait d’incommoder les autres étudiants…

Augusta Savage, entre 1935 et 1947, photo : US Government

La jeune femme reste donc à Harlem, un quartier de New York où vivent beaucoup d’Afro-Américains. Loin d’être découragée par ce refus, elle continue de sculpter. Et elle fait bien : quelques années plus tard, c’est de cette manière qu’elle obtient sa revanche.

Car l’une de ses sculptures rencontre un succès absolument phénoménal. Il s’agit du buste d’un gamin du quartier.

Augusta Savage, Gamin, vers 1929, plâtre peint, 23 x 15 x 11 cm, Smithsonian American Art Museum, Washington D.C.

À l’époque, ce sujet est bien moins anodin qu’il n’y paraît : en effet, jusqu’aux années 1920, les artistes noirs s’étaient très peu intéressés aux sujets afro-américains.

Augusta Savage, elle, met en avant la beauté de la communauté de Harlem. Son œuvre est totalement dépourvue des stéréotypes racistes avec lesquels ces sujets sont habituellement représentés. Et cela plaît ! Au point que Savage reçoit une bourse pour partir étudier à Paris. Enfin !

Augusta Savage, Augusta Savage posant à côté de ses sculptures, 1938, photographie, photo : US Government

Elle passe donc deux ans en France. Dorénavant, sa couleur de peau ne semble plus être un problème, puisque le gouvernement français lui décerne même une médaille pour ses œuvres.

De retour à New York, la voilà propulsée au rang des artistes les plus célèbres de Harlem.

Là encore, elle ne se repose pas sur ses lauriers. Savage met sa notoriété au service de la lutte pour les droits civiques des noirs américains.

Augusta Savage, Life every voice and sing (the harp), 1939, plâtre peint, dimensions inconnues, New York

Avec ses œuvres engagées, elle devient même l’une des meneuses d’un tout nouveau mouvement, qui cherche à construire une identité artistique propre aux Afro-Américains : la "Renaissance de Harlem" !

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