Philadelphie, 1921. Victoire ! Sadie Alexander vient d’obtenir son doctorat d’économie. Et ce n’est pas rien : elle est la première femme afro-américaine à y parvenir. Mais très vite, Alexander déchante. Impossible de trouver un poste digne de ses qualifications à Philadelphie…

Il faut dire qu’avec les lois ségrégationnistes, les opportunités pour les personnes noires sont particulièrement limitées. Devant cette impasse, Sadie Alexander prend une décision : elle va reprendre des études, de droit cette fois-ci. En tant qu’avocate, elle sera mieux placée pour défendre l’égalité raciale. Quelques années plus tard, son nouveau diplôme en poche, Alexander passe le barreau, puis rejoint un cabinet.
Mais son intérêt pour l’économie ne l’a pas quittée pour autant ! Alexander écrit, débat et partage haut et fort ses convictions. La question de l’emploi des Afro-Américains l’intéresse tout particulièrement. Ceux-ci sont moins souvent embauchés que des Blancs, et pour des salaires moindres. Cette situation, martèle Alexander, n’est profitable à personne.

Selon elle, dans une situation de plein emploi, c’est-à-dire lorsque chacun peut trouver du travail facilement, les employeurs sont obligés d’augmenter les salaires. Or, plus les salaires sont hauts, plus le pouvoir d’achat est élevé et mieux se porte l’économie. Fournir du travail à tous, sans se soucier de la couleur de peau, entraînerait donc des bénéfices pour tous les travailleurs !

Mais si les avantages du plein emploi paraissent évidents, comment y arriver ? La penseuse a son idée : la garantie d’emploi. L’État s’engage à embaucher toute personne cherchant un travail sans parvenir à se faire recruter par une entreprise. Autrement dit : créer de nouveaux postes lorsque le besoin s’en fait sentir.
Si cette mesure n’est pas instaurée, la voix d’Alexander est cependant entendue : le Président Truman la nomme au comité des droits civiques en 1947. Elle aura pris bien des chemins de traverse pour y parvenir, mais Sadie Alexander aura fini par atteindre son objectif : mettre à profit son expertise en économie pour faire avancer les droits civiques !


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