Le plafond de l’Opéra Garnier : un défi vertigineux pour Chagall

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André Malraux confie à Marc Chagall la réalisation d’un plafond monumental. Paralysé par le doute, l’artiste relève pourtant le défi avec une œuvre colorée devenue l’un des symboles du lieu.

Paris, 1960. André Malraux, ministre chargé des Affaires culturelles, passe une commande prestigieuse au peintre Chagall : créer une nouvelle peinture pour le gigantesque plafond de l’Opéra Garnier.

Mais l’artiste, alors âgé de 77 ans, est bouleversé par cette proposition. Chagall admire tant l’architecte de l’Opéra, Charles Garnier, qu’il panique devant un tel honneur ! Il est paralysé par le stress, l’inspiration le fuit…

Roger Pic, André Malraux, 1974 © ADAGP, Paris, 2019

Son épouse Valentina Chagall le pousse à peindre : "Assez de te tourmenter, fais des esquisses et peut-être qu’il en sortira quelque chose".Grâce à elle, le peintre parvient à se mettre au travail. Il imagine des dizaines et des dizaines de projets avant d’être enfin satisfait.

Valentina Chagall et Marc Chagall à Saint-Paul de Vence, 1967

Mais un second défi l’attend. Comment peindre cette vaste coupole si loin du sol ? Chagall divise sa toile en 24 triangles : il peut ainsi les peindre séparément sur la terre ferme, pour ensuite les faire assembler un par un sur le plafond, à la manière d’un puzzle.

Anxieux du résultat, l’artiste supervise chaque étape de l’opération. Il ne veut en aucun cas dénaturer l’atmosphère souhaitée à l’origine par Charles Garnier.

Marc Chagall travaillant pour le plafond de l’Opéra Garnier, 1964 © ADAGP, Paris, 2019, photo : Izis

Chagall sait, grâce à la lecture attentive des écrits de l’architecte, que la couleur était pour ce dernier un élément incontournable de l’architecture… Voilà pourquoi le peintre fait le pari audacieux de concevoir un plafond très coloré, évoquant quatorze compositeurs et leurs œuvres.

Marc Chagall, Le plafond de l'Opéra Garnier, 1964, Paris © ADAGP, Paris, 2019, photo : David Stanley

La pression est d’autant plus palpable qu’avant même d’avoir vu le résultat, certains critiques parlent d’un acte de "vandalisme" ou de "profanation culturelle" !

Heureusement, le soir de l’inauguration, les réactions sont unanimes : le plafond de Chagall connaît un immense succès.

L’artiste est si content qu’il refuse d’être payé par l’État !

André Malraux et Marc Chagall devant une partie du plafond de l’Opéra Garnier, 1964 © ADAGP, Paris, 2019, photo : Izis

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