Paris, 1960. André Malraux, ministre chargé des Affaires culturelles, passe une commande prestigieuse au peintre Chagall : créer une nouvelle peinture pour le gigantesque plafond de l’Opéra Garnier.
Mais l’artiste, alors âgé de 77 ans, est bouleversé par cette proposition. Chagall admire tant l’architecte de l’Opéra, Charles Garnier, qu’il panique devant un tel honneur ! Il est paralysé par le stress, l’inspiration le fuit…

Son épouse Valentina Chagall le pousse à peindre : "Assez de te tourmenter, fais des esquisses et peut-être qu’il en sortira quelque chose".Grâce à elle, le peintre parvient à se mettre au travail. Il imagine des dizaines et des dizaines de projets avant d’être enfin satisfait.

Mais un second défi l’attend. Comment peindre cette vaste coupole si loin du sol ? Chagall divise sa toile en 24 triangles : il peut ainsi les peindre séparément sur la terre ferme, pour ensuite les faire assembler un par un sur le plafond, à la manière d’un puzzle.
Anxieux du résultat, l’artiste supervise chaque étape de l’opération. Il ne veut en aucun cas dénaturer l’atmosphère souhaitée à l’origine par Charles Garnier.

Chagall sait, grâce à la lecture attentive des écrits de l’architecte, que la couleur était pour ce dernier un élément incontournable de l’architecture… Voilà pourquoi le peintre fait le pari audacieux de concevoir un plafond très coloré, évoquant quatorze compositeurs et leurs œuvres.

La pression est d’autant plus palpable qu’avant même d’avoir vu le résultat, certains critiques parlent d’un acte de "vandalisme" ou de "profanation culturelle" !
Heureusement, le soir de l’inauguration, les réactions sont unanimes : le plafond de Chagall connaît un immense succès.
L’artiste est si content qu’il refuse d’être payé par l’État !
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