De nos jours, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Un groupe de femmes se passent des colis, en restant aux aguets. C’est qu’il ne s’agit pas d’une livraison classique.
En tant que membres d’un réseau clandestin, leur mission est de les faire passer au nord, malgré leur contenu tout à fait illégal. Mais de quoi s’agit-il ? Eh bien, ces colis sont remplis de… pilules abortives !

Si cela paraît étonnant, il faut avoir en tête que les États-Unis ont récemment reculé sur le droit des femmes à disposer de leur corps. Leur Cour Suprême a révoqué en 2022 l’arrêté qui garantissait l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans l’ensemble du pays. Depuis, à chaque État de légiférer à sa manière, et plus d’une dizaine en ont profité pour la rendre illégale ou en restreindre l’accès.

À l’inverse, le Mexique a dépénalisé l’avortement il y a quelques années. Après avoir longtemps lutté dans leur propre pays, les Mexicaines de l’association Las Libres ("Celles qui sont libres") viennent désormais en aide à leurs voisines américaines. Depuis la décision de la Cour Suprême, elles reçoivent dix fois plus d’appels de femmes en détresse…

Le plus simple reste encore de leur faire parvenir des pilules abortives, qui, lorsqu’elles ne sont pas simplement interdites, coûtent beaucoup plus cher aux États-Unis.
On le voit bien, face aux politiques réactionnaires, la sororité ne connaît pas de frontières. C'est d'ailleurs pour cette raison que plusieurs pays ont mis l’égalité des genres au cœur de leur politique extérieure. C'est ce que l'on nomme la diplomatie féministe.
L'objectif est simple : défendre les droits des femmes ! Et une telle politique implique (entre autres) de soutenir les associations féministes comme Las Libres. Leur rôle est crucial, car elles sont en première ligne pour résister aux mouvements anti-droits, et à l’autoritarisme en général. Heureusement, le monde ne manque pas de femmes courageuses !


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