Des roses en hiver ? Pour la peintre Lawrence Alma-Tadema, ce n'est pas un problème !

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Lawrence Alma-Tadema fait venir des roses de la Côte d’Azur pour peindre Les Roses d’Héliogabale. Obsédé par le détail, l’artiste orchestre un véritable ballet floral, transformant son atelier en jardin éphémère pour donner vie à une scène antique spectaculaire.

Fin 1887, Londres. Lawrence Alma-Tadema se lance dans un tableau très ambitieux, Ainsi équipé, Alma-Tadema a ce qu’il lui faut pour montrer de manière réaliste le moment critique de l’histoire : les fleurs commencent à tomber, et les victimes enivrées n’ont pas encore conscience du terrible sort qui les attend... Le tout au sein d’un décor très fidèle aux modèles antiques.. Il y représente une cruelle légende : l’empereur romain Héliogabale aurait décidé de noyer (littéralement) ses invités sous un flot continu de pétales de roses... Voilà qui devrait faire sensation auprès du public !

J. P. Mayall, L'artiste Lawrence Alma-Tadema dans son atelier (détail), 1884, National Gallery of Art Library, Washington DC

Seul petit problème : Alma-Tadema a le souci du détail et veut absolument peindre les fleurs sur motif. Mais comment trouver des roses en plein cœur de l’hiver britannique ? Avec ce froid, pas un bouton ne pointe le bout de son nez.

Le peintre, déterminé, ne voit pas d’autre solution que de se faire livrer directement ses fleurs depuis... la Côte d’Azur !

Katherine Jean Macfee, Promenade dans les jardins de Kensington, Hyde Park, Londres, 1904. Photo : Historic England Archive

Celles-ci font donc un long voyage en train depuis le sud de la France jusque dans l’atelier londonien d’Alma-Tadema. Il peut ainsi les observer dans leurs moindres détails pour les représenter au mieux. Et comme son tableau nécessite de peindre 2 000 pétales de rose (et que les fleurs se fanent un peu trop vite), l’artiste répète l’opération chaque semaine.

Ainsi équipé, Alma-Tadema a ce qu’il lui faut pour montrer de manière réaliste le moment critique de l’histoire : les fleurs commencent à tomber, et les victimes enivrées n’ont pas encore conscience du terrible sort qui les attend... Le tout au sein d’un décor très fidèle aux modèles antiques.

Détail de l'œuvre

Ces efforts paient. Le tableau, dévoilé quelques mois plus tard, fait forte impression. Et cela malgré quelques libertés prises par l’artiste... Eh oui, selon la légende antique, l’empereur Héliogabale n’aurait pas étouffé ses invités sous une pluie de roses mais plutôt de violettes. Comme les violettes représentent la modestie et la fidélité dans le langage des fleurs, elles ne collaient pas du tout au sujet. Alma-Tadema a donc préféré les roses, signe à la fois de volupté et de danger... Quitte à devoir les faire venir à lui !

Lawrence Alma-Tadema, Les Roses d’Héliogabale, 1888, huile sur toile, 132 x 213 cm, collection privée Juan Antonio Pérez Simón

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