Chateaubriand se met au vert : bienvenue dans le petit nid douillet de l'écrivain

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Contraint à l’exil, François-René de Chateaubriand trouve refuge à deux pas de la capitale, dans un cocon de verdure façonné à son image.

1807. L’écrivain François-René de Chateaubriand pose tout juste ses valises à Paris après un voyage à travers l’Empire ottoman. Lui qui se méfie de Napoléon Ier, il se lance dans la rédaction d’un article de presse sur l’empereur dans lequel il le compare... à Néron, un souverain tyrannique de l’Antiquité ! Napoléon est si agacé que notre auteur est bien vite contraint à l’exil.

Rassurez-vous, il ne part pas bien loin ! Direction : la Vallée-aux-Loups, à dix kilomètres seulement au sud de la capitale. Là, il achète une maison de jardinier entourée de collines et d’un verger sauvage. Avec son épouse, Céleste, ils passent les premiers mois d’installation au milieu des travaux, tant Chateaubriand tient à transformer ce lieu en havre de paix.

Anne-Louis Girodet, Portrait de Chateaubriand, après 1808, huile sur toile, 130 x 96 cm, Musée d’Histoire de la Ville et du Pays Malouin

La maison de Chateaubriand aujourd'hui. Photo : CD92, Julia Brechler

Dans l’entrée, l’écrivain installe un double escalier en bois qui proviendrait d’un navire anglais démâté à Saint-Malo, sa ville de naissance. En façade, il ajoute un portique à colonnes soutenu par deux cariatides en marbre, du nom de ces figures féminines vêtues de longues tuniques, évocatrices de la Grèce antique. Car notre écrivain compte bien marquer sa propriété du signe de ses multiples voyages.

Escalier de la maison de Chateaubriand. Photo : CD92, Julia Brechler

Portique aux cariatides de la maison de Chateaubriand. Photo : CD92, Julia Brechler

Cela s’applique aussi aux jardins, qu’il conçoit lui-même. Chateaubriand y fait planter de nombreux arbres dont chaque essence est choisie soigneusement, souvent en lien avec les contrées qu'il a visitées : cèdres du Liban, chêne d’Amérique, érables, arbre de Judée, cyprès argenté et rhododendrons… Il n’y en a pas un qu’il n’a pas bichonné, sabots aux pieds pour patauger dans la boue.

C’est aussi au pied de ses arbres, qu'il appelle ses "enfants", qu’il puise son inspiration et imagine ses personnages. Pour écrire, Chateaubriand s’installe dans la tour Velléda, construite en 1792 par le premier propriétaire et isolée dans le parc.

Il y rédige notamment les premières pages de ses célèbres Mémoires d’outre-tombe. Et s’il doit quitter la Vallée-aux-Loups au bout de dix ans, faute de moyens financiers, il confie justement dans son best-seller que c’est la seule demeure qu’il ait jamais regrettée !

Maison de Chateaubriand, Tour Velléda. Photo : CD92, Willy Labre

Parc de la maison de Chateaubriand. Photo : CD92, Willy Labre

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